Interview réalisée avec Ludovic Tankeu, auteur et illustrateur de manga camerounais.
Réalisée par Arrançor M. D. Florian
I. Présentation de l’auteur
I. Présentation de l’auteur
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Ludovic Tankeu, auteur et illustrateur de manga originaire du Cameroun. Passionné par la narration visuelle, je crée des œuvres qui mêlent culture africaine et esthétique japonaise. Je suis également le fondateur de Plumics, une plateforme dédiée à la publication numérique de mangas, comics et webtoons africains.
Je m’appelle Ludovic Tankeu, auteur et illustrateur de manga originaire du Cameroun. Passionné par la narration visuelle, je crée des œuvres qui mêlent culture africaine et esthétique japonaise. Je suis également le fondateur de Plumics, une plateforme dédiée à la publication numérique de mangas, comics et webtoons africains.
Depuis combien de temps pratiquez-vous la bande dessinée ?
Je pratique la bande dessinée depuis plusieurs années, mais c’est au cours de la dernière décennie que j’ai véritablement professionnalisé ma démarche artistique.
Je pratique la bande dessinée depuis plusieurs années, mais c’est au cours de la dernière décennie que j’ai véritablement professionnalisé ma démarche artistique.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir auteur de BD ?
C’est le pouvoir de raconter des histoires visuelles qui m’a attiré : la possibilité de toucher les émotions à travers le dessin et le récit. En grandissant, j’ai remarqué le manque de représentations africaines dans les mangas, et j’ai voulu y remédier à ma manière.
C’est le pouvoir de raconter des histoires visuelles qui m’a attiré : la possibilité de toucher les émotions à travers le dessin et le récit. En grandissant, j’ai remarqué le manque de représentations africaines dans les mangas, et j’ai voulu y remédier à ma manière.
Avez-vous une formation artistique ou êtes-vous autodidacte ?
Je suis autodidacte, formé par la pratique, la passion et l’observation des grands maîtres du manga et de la bande dessinée internationale.
II. Parcours et inspirations
Je suis autodidacte, formé par la pratique, la passion et l’observation des grands maîtres du manga et de la bande dessinée internationale.
II. Parcours et inspirations
Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?
Je m’inspire de la culture camerounaise et africaine, des mangas japonais, du cinéma narratif et des expériences humaines universelles. Des artistes comme Akira Toriyama, Masashi Kishimoto ou Yoshihiro Togashi ont influencé mon approche du rythme, des émotions et du réalisme.
Je m’inspire de la culture camerounaise et africaine, des mangas japonais, du cinéma narratif et des expériences humaines universelles. Des artistes comme Akira Toriyama, Masashi Kishimoto ou Yoshihiro Togashi ont influencé mon approche du rythme, des émotions et du réalisme.
Comment décririez-vous votre style graphique et narratif ?
Mon style est un mélange entre réalisme et expressivité manga, avec une narration fluide et introspective. J’aime explorer la psychologie des personnages tout en maintenant une dynamique visuelle forte.
Mon style est un mélange entre réalisme et expressivité manga, avec une narration fluide et introspective. J’aime explorer la psychologie des personnages tout en maintenant une dynamique visuelle forte.
Quel a été votre premier projet ou votre première BD publiée ?
Mon premier projet marquant est HACKER, un manga que j’ai présenté au MAGIC Manga Contest et à l’International Manga Award. Cette œuvre m’a permis d’affirmer mon identité graphique et narrative.
Mon premier projet marquant est HACKER, un manga que j’ai présenté au MAGIC Manga Contest et à l’International Manga Award. Cette œuvre m’a permis d’affirmer mon identité graphique et narrative.
Quels obstacles avez-vous rencontrés en tant qu’auteur au Cameroun ?
Le principal obstacle reste l’accès aux structures de diffusion et d’édition, ainsi que la faible valorisation économique du travail artistique. C’est précisément pour pallier ce manque que j’ai créé Plumics.
III. Processus créatif
Le principal obstacle reste l’accès aux structures de diffusion et d’édition, ainsi que la faible valorisation économique du travail artistique. C’est précisément pour pallier ce manque que j’ai créé Plumics.
III. Processus créatif
Comment naît une idée de BD chez vous ?
Souvent d’une émotion, d’un événement ou d’une réflexion sur la société. J’imagine d’abord les personnages et leurs dilemmes, puis je construis l’univers autour d’eux.
Souvent d’une émotion, d’un événement ou d’une réflexion sur la société. J’imagine d’abord les personnages et leurs dilemmes, puis je construis l’univers autour d’eux.
Préférez-vous écrire le scénario d’abord ou créer les dessins ?
J’écris toujours le scénario en premier, sous forme de storyboard détaillé, afin d’équilibrer narration et mise en scène.
J’écris toujours le scénario en premier, sous forme de storyboard détaillé, afin d’équilibrer narration et mise en scène.
Combien de temps vous faut-il pour finaliser une page ?
En moyenne, entre une demi-journée et une journée complète, selon la complexité des décors et le niveau de détail souhaité.
En moyenne, entre une demi-journée et une journée complète, selon la complexité des décors et le niveau de détail souhaité.
Utilisez-vous des outils numériques, traditionnels ou les deux ?
J’utilise un mixte des deux : dessin traditionnel (crayonné sur papier A4) pour la base, puis Clip Studio Paint pour l’encrage et les finitions. Je conserve toujours une base de croquis traditionnels pour la recherche visuelle.
J’utilise un mixte des deux : dessin traditionnel (crayonné sur papier A4) pour la base, puis Clip Studio Paint pour l’encrage et les finitions. Je conserve toujours une base de croquis traditionnels pour la recherche visuelle.
Travaillez-vous seul ou en collaboration ?
Je travaille généralement seul, mais je collabore avec des éditeurs, coloristes, traducteurs et relecteurs sur certaines œuvres publiées sur Plumics.
IV. La scène BD au Cameroun
Je travaille généralement seul, mais je collabore avec des éditeurs, coloristes, traducteurs et relecteurs sur certaines œuvres publiées sur Plumics.
IV. La scène BD au Cameroun
Comment décririez-vous le marché de la BD au Cameroun ?
Le marché est en pleine émergence : on y trouve beaucoup de jeunes talents et une grande créativité, mais le manque de structures professionnelles limite encore la diffusion et la reconnaissance.
Le marché est en pleine émergence : on y trouve beaucoup de jeunes talents et une grande créativité, mais le manque de structures professionnelles limite encore la diffusion et la reconnaissance.
Quels défis rencontrent les jeunes auteurs aujourd’hui ?
Le manque de visibilité, de financement et de moyens de production reste un obstacle majeur. Toutefois, le numérique et les réseaux sociaux offrent aujourd’hui de nouvelles perspectives.
Le manque de visibilité, de financement et de moyens de production reste un obstacle majeur. Toutefois, le numérique et les réseaux sociaux offrent aujourd’hui de nouvelles perspectives.
Quels moyens utilisez-vous pour promouvoir vos œuvres localement et à l’international ?
Je mise sur les réseaux sociaux, les concours internationaux et surtout sur Plumics, qui permet une diffusion mondiale des œuvres africaines.
Je mise sur les réseaux sociaux, les concours internationaux et surtout sur Plumics, qui permet une diffusion mondiale des œuvres africaines.
Y a-t-il des événements BD que vous recommandez au Cameroun ?
Oui, des événements comme le Mboa BD Festival et le Kmer Otaku Festival, essentiels pour fédérer la communauté et mettre en avant les talents locaux.
Oui, des événements comme le Mboa BD Festival et le Kmer Otaku Festival, essentiels pour fédérer la communauté et mettre en avant les talents locaux.
V. Vos œuvres
Pouvez-vous présenter votre œuvre phare ou votre dernière publication ?
Mon œuvre phare est HACKER, un manga centré sur la technologie, la liberté et la résilience humaine. C’est une histoire à la fois philosophique, immersive et futuriste, ancrée dans un univers urbain.
Mon œuvre phare est HACKER, un manga centré sur la technologie, la liberté et la résilience humaine. C’est une histoire à la fois philosophique, immersive et futuriste, ancrée dans un univers urbain.
Quels thèmes abordez-vous dans vos BD ?
J’explore des thèmes tels que l’identité, la justice, la technologie, la mémoire et le destin. Mes récits questionnent souvent le rapport entre l’humain et ses choix.
J’explore des thèmes tels que l’identité, la justice, la technologie, la mémoire et le destin. Mes récits questionnent souvent le rapport entre l’humain et ses choix.
Avez-vous des personnages récurrents ou des univers spécifiques ?
Oui, mes univers partagent souvent une même base conceptuelle : des sociétés proches de notre réalité, des héros confrontés à leurs contradictions, et un pont symbolique entre l’Afrique et le monde.
Oui, mes univers partagent souvent une même base conceptuelle : des sociétés proches de notre réalité, des héros confrontés à leurs contradictions, et un pont symbolique entre l’Afrique et le monde.
Comment vos expériences personnelles influencent-elles vos histoires ?
Mon parcours d’artiste africain influence profondément mes récits : mes œuvres traduisent les luttes, les espoirs et la volonté de faire entendre une voix africaine authentique dans le manga.
Mon parcours d’artiste africain influence profondément mes récits : mes œuvres traduisent les luttes, les espoirs et la volonté de faire entendre une voix africaine authentique dans le manga.
Quel est votre moment préféré dans une BD ?
Les moments de révélation émotionnelle, quand un personnage se libère de ses blessures ou fait un choix décisif. C’est là que l’art rejoint le cœur du lecteur.
VI. Conseils et perspectives
Les moments de révélation émotionnelle, quand un personnage se libère de ses blessures ou fait un choix décisif. C’est là que l’art rejoint le cœur du lecteur.
VI. Conseils et perspectives
Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer dans la BD au Cameroun ?
Crois en ton talent, dessine chaque jour et ne cherche pas la perfection dès le début. Publie, partage et entoure-toi de passionnés. Le monde a besoin de nouvelles voix africaines.
Crois en ton talent, dessine chaque jour et ne cherche pas la perfection dès le début. Publie, partage et entoure-toi de passionnés. Le monde a besoin de nouvelles voix africaines.
Quelles sont vos ambitions pour les cinq prochaines années ?
Développer Plumics à l’échelle internationale, produire davantage de séries africaines professionnelles et collaborer avec des studios d’animation pour adapter certaines œuvres.
Développer Plumics à l’échelle internationale, produire davantage de séries africaines professionnelles et collaborer avec des studios d’animation pour adapter certaines œuvres.
Voyez-vous la BD camerounaise se développer à l’international ?
Absolument. Grâce aux plateformes numériques et à la diaspora, la BD camerounaise est en train de s’imposer sur la scène mondiale.
Absolument. Grâce aux plateformes numériques et à la diaspora, la BD camerounaise est en train de s’imposer sur la scène mondiale.
Quels projets ou collaborations rêvez-vous de réaliser ?
J’aimerais collaborer avec des studios d’animation africains et japonais et voir un jour une adaptation animée de HACKER ou d’autres séries issues de Plumics.
Propos recueillis par Arrançor M. D. Florian
J’aimerais collaborer avec des studios d’animation africains et japonais et voir un jour une adaptation animée de HACKER ou d’autres séries issues de Plumics.
Propos recueillis par Arrançor M. D. Florian
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