INTERVIEW DE L'AUTEUR DE BD FRINCE ART

ARTICLE Manga Club 237 05 Oct 2025
Interview réalisée avec Frince Art, illustrateur et auteur de bandes dessinées camerounais.

Réalisée par Arrançor M. D. Florian

I. Présentation de l’auteur

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Moi, c’est Frince Art, illustrateur et auteur de bandes dessinées. J’aime transmettre des émotions à travers mes traits.

Depuis combien de temps pratiquez-vous la bande dessinée ?
Je dessine depuis environ dix ans, j’ai commencé en classe de 4ᵉ.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir auteur de BD ?
J’ai voulu devenir auteur de BD parce que j’aime raconter des histoires et faire rêver les gens, comme moi aussi j’ai rêvé en lisant Dragon Ball et d’autres séries qui m’ont marqué.

Avez-vous une formation artistique ou êtes-vous autodidacte ?
Je suis autodidacte. Je n’ai pas pu suivre une école d’art ou des beaux-arts, mais j’ai appris par passion, par observation et par persévérance.

II. Parcours et inspirations

Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?
Mes inspirations viennent d’abord de la légende Akira Toriyama (RIP). Au Cameroun, j’admire particulièrement les Twin’s Art, Maître Show, Rodriguez Nguena, Loup Digital Art, et j’aime aussi les films de M. Kepombia.

Comment décririez-vous votre style graphique et narratif ?
Je ne peux pas vraiment définir mon style graphique, car il vagabonde entre plusieurs univers. J’aime expérimenter et explorer différents styles selon les projets.

Quel a été votre premier projet ou votre première BD publiée ?
Ma première BD publiée s’appelait NDOAN. 😭❤️
Malheureusement, j’ai dû interrompre la série et je reste désolé envers mes lecteurs à ce sujet.

Quels obstacles avez-vous rencontrés en tant qu’auteur au Cameroun ?
Le manque d’argent a longtemps été un frein, tout comme le découragement autour de ce métier. On entend souvent :

“Est-ce que ça va nourrir tes enfants à l’avenir ?”
 C’est une question difficile, mais j’ai appris à tenir bon mentalement et à poursuivre ma voie malgré tout.

III. Processus créatif

Comment naît une idée de BD chez vous ?
Une idée peut venir de plusieurs sources, mais le plus souvent après la lecture d’un bon manga ou d’une BD inspirante.

Préférez-vous écrire le scénario d’abord ou créer les dessins ?
Je préfère écrire le scénario d’abord, avant de passer au dessin.

Combien de temps vous faut-il pour finaliser une page ?
En général, une planche me prend environ trois heures à finaliser, selon la complexité.

Utilisez-vous des outils numériques, traditionnels ou les deux ?
J’utilise les deux aujourd’hui, même si à mes débuts j’étais beaucoup plus axé sur le dessin traditionnel.

Travaillez-vous seul ou en collaboration avec d’autres artistes ?
Cela dépend du projet. Certains nécessitent un travail d’équipe, d’autres non.

IV. La scène BD au Cameroun

Comment décririez-vous le marché de la BD au Cameroun ?
Le marché de la BD au Cameroun est encore vierge. Beaucoup de gens ignorent même que la BD camerounaise existe.

Quels défis rencontrent les jeunes auteurs aujourd’hui ?
Le premier défi, c’est l’approbation des parents face au métier artistique, souvent mal compris. Ensuite, le manque de connaissances et de structures rend la progression plus lente. Mais avec le temps et la persévérance, les choses évoluent positivement.

Quels moyens trouvez-vous efficaces pour promouvoir vos œuvres ?
Pour promouvoir nos œuvres, il faut rendre les BD plus accessibles, notamment en réduisant le prix des formats physiques, et créer des festivals 100 % BD et animation camerounaise.
Les plateformes en ligne comme Plumics sont aussi essentielles — j’adore leur concept.

Y a-t-il des événements BD que vous recommandez au Cameroun ?
Oui, je recommande surtout le Mboa BD Festival. Il y a aussi le Kmer Otaku Festival (KOF) et le Festival Pousse-Pion pour un côté plus divertissant.

V. Vos œuvres

Pouvez-vous présenter votre œuvre phare ou votre dernière publication ?
Pour découvrir mon œuvre phare, cherchez “Oversoft 237” sur les réseaux sociaux : vous y trouverez Mpondengan, ma série principale.

Quels thèmes abordez-vous dans vos BD ?
Je parle surtout de spiritualisme et de la redécouverte de notre culture africaine.

Avez-vous des personnages récurrents ou des univers spécifiques ?
Pas vraiment. J’aime varier les univers et explorer de nouveaux concepts à chaque projet.

Comment vos expériences personnelles influencent-elles vos histoires ?
Mes expériences personnelles influencent souvent l’évolution des arcs narratifs ou des personnages. Cela m’aide à rendre mes histoires plus authentiques et émotionnellement fortes.

Quelle étape de création préférez-vous ?
J’adore l’encrage, car c’est là que tout prend vie. Au crayonné, je tâtonne encore beaucoup.

VI. Conseils et perspectives

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer dans la BD au Cameroun ?
Qu’il soit rêveur, travailleur et intelligent. Qu’il croie en lui et avance avec passion.

Quelles sont vos ambitions pour les cinq prochaines années ?
Elles sont nombreuses, mais pour l’instant, je préfère me concentrer sur le présent. Mon objectif immédiat est de faire exploser Mpondengan et de le faire connaître au grand public.

Voyez-vous la BD camerounaise se développer à l’international ?
Oui, sans aucun doute. La BD camerounaise fera bientôt partie des références internationales.

Quels projets ou collaborations rêvez-vous de réaliser ?
Malheureusement, une collaboration importante à laquelle je tenais beaucoup n’a pas pu se concrétiser… Mais je reste ouvert à de nouvelles opportunités. 🙏

Propos recueillis par Arrançor M. D. Florian 
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Discussions (5)

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Donald Tiger il y a 6 mois

Belle interview.

Manga Club 237 il y a 6 mois

Le combat continue...

Manga Club 237 il y a 6 mois

D'accord avec vous Mr Donald Tiger

Jean René nguimgo il y a 5 mois

Cool! N'abandonne pas reste fous même si l'argent manque 😊😁

Manga Club 237 il y a 5 mois

C'est de ça qu'il s'agit Mr Jean René